"Ο λόγος ο εφήμερος βαστά μόνο μια μέρα
το άρωμά του όμως κρατεί και νύχτα και ημέρα"
Στ.Γ.Κ., Νοε. 2010

La fenetre du monde! (de Charles Brulhart)

ΤΟ ΤΥΦΛΟ ΠΑΡΑΘΥΡΟ

Il était une fois un jeune prince qui vivait avec insouciance (=αμέριμνα) dans le palais de son père. Un jour, il demanda au vieux sage chargé de son instruction (=επιφορτισμένο με τη μόρφωσή του) :

«- L’argent est-il quelque chose de bon ou de mauvais ? »

L’homme emmena (=οδήγησε) le prince dans le salon du palais et le fit asseoir face (=τον κάθισε απέναντι) à la vaste baie vitrée  (=τεράστια βιτρίνα) donnant sur (=που έβλεπε) la grand-place.

«- Que vois-tu ? » interrogea l’ancien.

«- Je vois les enfants qui jouent sur la place, les jeunes filles qui dansent près du lavoir (=χορεύουν κοντά στο πλυσταριό), les artisans qui travaillent dans leurs échoppes (=μαγαζιά). »

Le sage disparut un instant et revint avec un seau et un pinceau. « Qu’est-ce ? » dit le prince.

« Un vernis à base d’argent. (=βερνίκι με βάση τα ασήμι) »

Le vieil homme sortit du palais et recouvrit (=κάλυψε) toute la baie vitrée d’une épaisse couche de peinture. Lorsqu’il rentra, le prince s’exclama : « Mais il fait somber (=σκοτείνιασε), je ne vois plus rien. »

Le sage alluma une lampe et demanda : « À présent, que vois-tu par la baie vitrée ? »

« Je ne vois plus rien, sauf moi (=εκτός αό μένα), comme dans un miroir », répondit le prince, « je n’arrive plus à voir les autres. »

« Tu as la réponse à ta question », dit le vieux sage. Et il s’en alla.

Le prince ordonna à ses serviteurs de nettoyer (=καθαρίσουν) la baie vitrée. Mais le vernis résistait. À force de frotter, la vitre réapparut, mais entièrement dépolie. Irrité de ne pouvoir retrouver une vision claire, le jeune prince, dans un  accès de colère (=κρίση θυμού), lança violemment la lourde coupe d’argent (=βαρύ ασημένιο κύπελο) qu’il tenait à la main contre la vitre. Celle-ci vola en éclats (=έγινε χίλια κομμάτια).

Le prince put alors revoir toute la beauté du monde extérieur. Mais en plus, il pouvait maintenant entendre les cris (=φωνές) des enfants qui jouaient, les chants des jeunes filles qui dansaient et les bruits provenant des échoppes des artisans. Il pouvait sentir le parfum des épices et la caresse du vent. Il traversa le cadre vide de la fenêtre et se fondit dans la vie de la grand-place. ( Charles Brulhart).

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(St.G.K.)


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