"Ο λόγος ο εφήμερος βαστά μόνο μια μέρα
το άρωμά του όμως κρατεί και νύχτα και ημέρα"
Στ.Γ.Κ., Νοε. 2010

les animaux malades de la peste (= τα ζώα που τα “πλάκωσε” η πανούκλα)

 

 

 

 

ΤΑ ΖΩΑ ΠΟΥ ΤΑ «ΠΛΑΚΩΣΕ» Η ΠΑΝΟΥΚΛΑ

[Η συμπεριφορά των ζώων στους «Μύθους» (Les FABLES) του Λαφονταίν εκφράζει όλα τα ανθρώπινα ελαττώματα, κάτι που έκανε πολύ καλά ο Αίσωπος. Ο Λαφονταίν μιμούμενος σε πολλά τον Αίσωπο προσάρμοσε τα ζώα του στους ανθρώπους του 17ου αιώνα της Αυλής του Λουδοβίκου ΙΔ'. Ο Λαφονταίν με το πρόσχημα του μύθου και με το άλλοθι της διδακτικής ποίησης λέει αυτά που δεν μπορεί να πει ανοιχτά. Οπωσδήποτε μια λογοτεχνία που κάνει κοινωνική κριτική δεν ήταν μέσα στις προτιμήσεις του Roi-Soleil. Εξάλλου, κι ο Μολιέρος λογοκρίθηκε, αφού ο Ταρτούφος του απαγορεύτηκε.

ΕΙΔΙΚΑ στον παρακάτω μύθο του διαβλέπει κανείς τις πολιτικές προεκτάσεις στα ελληνικά δεδομένα του τώρα: η πανούκλα είναι η χρεοκοπία, το λιοντάρι είναι η τρόικα, η αλεπού είναι η κυβέρνηση, η τίγρης, η αρκούδα κ.λπ. είναι τα λαμόγια και οι φοροφυγάδες, κι ο γάιδαρος είναι ο φουκαράς λαός-που ό,τι κι αν κάνουν οι άλλοι, αυτός θα την πληρώσει στο τέλος. Αλλά απολαύστε το ποίημα (στα γαλλικά)]:

Les Animaux malades de la peste

(Jean de La Fontaine,1621-1695)

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient:
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit: Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements:
Ne nous flattons donc point; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait? Nulle offense:
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi:
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Notes

Achéron : fleuve des Enfers dans la mythologie grecque.

Partant : par conséquent.

Dévouer, dévouement : sacrifier, sacrifice. (Furetière)

Mâtin : chien de garde.

Haro : cri par lequel on ameutait autrefois les personnes présentes contre un agresseur, un voleur pris en flagrant délit. Crier haro sur quelqu’un, quelque chose : le dénoncer publiquement.

ANTI άλλου σχολίου:

“Στην αρχή σηκώθηκε το πρόβατο και εξέφρασε τη γενική αμηχανία, μετά σηκώθηκε ο λαγός και εξέφρασε τη γενική ανησυχία. Στο τέλος σηκώθηκε το λιοντάρι και εξέφρασε τη γενική γνώμη”. Αγνώστου

Κάπως έτσι δεν είναι και η κατασταση σήμερα με το γενικό αυτοματισμό;

Στ.Γ.Κ.


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