"Ο λόγος ο εφήμερος βαστά μόνο μια μέρα
το άρωμά του όμως κρατεί και νύχτα και ημέρα"
Στ.Γ.Κ., Νοε. 2010

Les trois portes de la sagesse (par Ch. Brulhart)

Les Trois Portes de la Sagesse

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, généreux et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

«- Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.

«- Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais

condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire davantage. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette

route, droit devant toi».

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

“Change le Monde.”

C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

«- Qu’as-tu appris sur le chemin?

«- J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.

«- C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Ne t’acharne pas sur ce qui ne dépend pas de toi».

Et il disparut. Peu après, le Prince arriva devant une seconde porte. On pouvait y lire:

“Change les Autres.”

- C’était bien là mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent. Un jour, alors qu’il méditait sur l’inutilité de ses tentatives de vouloir changer les

autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

«- Qu’as-tu appris sur le chemin?

«- J’ai appris, répondit le Prince, que les agissements des autres ne sont pas la cause de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que l’occasion ou le révélateur. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

«- Tu as raison, dit le Sage. Ce qui se réveille en toi quand tu es face aux autres te révèle quelque chose sur toi-même. Sois reconnaissant envers ceux en compagnie de qui tu sens vibrer en toi joie ou plaisir. Sois-le aussi lorsque émerge en leur présence la frustration ou la souffrance, car à travers cela la Vie te montre où tu en es et le chemin qui te reste à parcourir».

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots:

”Change-toi toi-même.”

Si je suis moi-même la source de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à

combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer en lui tout ce qui ne lui plaisait pas ou ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi de nombreux déboires, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda:

«- Qu’as-tu appris sur le chemin?

«- J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.

«- C’est bien, dit le Sage.

«- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de lâcher prise.

«- C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:

“Accepte-toi toi-même.”

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. Quand on combat, on devient aveugle se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui: ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans

plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

«- Qu’as-tu appris sur le chemin?

«- J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en harmonie avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moimême, totalement, inconditionnellement.

«- C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte.

À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

“Accepte les Autres.”

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il avait aimées et celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu. Il rencontra alors le Vieux Sage.

«- Qu’as-tu appris sur le chemin? demanda ce dernier.

«- J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

«- C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

“Accepte le Monde.“

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à

changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur Perfection.

C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

«- Qu’as-tu appris sur le chemin?

«- J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui

semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’ accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

«- C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

«- Tu es prêt, maintenant, à franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du Silence de la Plénitude à la Plénitude du Silence. Et le Vieil Homme disparut.

[Charles Brulhart Janvier , 2004. Vous pouvez utiliser librement ce document à condition de ne pas le modifier et de mentionner sa source: www.metafora.ch  ainsi que le nom de son auteur: Charles Brulhart].

———————————————————

Une letter De Brulahart a Stavros

Je suis très heureux de retrouver un de mes textes («les trois portes de la sagesse») sur votre site. J’ai écrit ce texte en décembre 1995 et l’ai distribué dans mes cours et donné à quelques amis. Depuis, il s’est répandu sur internet où il est reproduit sur des centaines de sites mais l’auteur indiqué est soit Charles Brulhart, soit «auteur inconnu», soit Françoise Laurent. Je ne connais pas cette dame et ne sais pas pourquoi son nom figure sous mon texte, mais si vous la connaissez, je vous serais reconnaissant de m’envoyer son e-mail pour que je puisse la contacter (mon e-mail : c.brulhart@bluewin.ch). Je vous remercie aussi de bien vouloir indiquer mon nom sous ce texte. Non pas que je sois un fanatique des copyrights. Au contraire, j’ai voulu que ce texte soit libre de droits, dès sa publication. Mais je trouve normal de rendre à César ce qui appartient à César et vous serais donc infiniment reconnaissant d’indiquer mon nom sous ce texte.

 

1000 mercis. Charles Brulhart

P.S. Vous pouvez lire aussi en grec (traduit par St.G.K.) le texte francais, a

www.metafora.ch

Soyez toujours bien

St.G.K.

—————————————-
La meme histoire en anglais:
ΟΙ ΤΡΕΙΣ ΠΥΛΕΣ ΤΗΣ ΣΟΦΙΑΣ
Three Gates of Wisdom
«A King had for only son a young courageous skillful and intelligent Prince. He sent him to see a Wise Old man so that he would open his mind to a warness.
«- Enlighten me as to the path I should take, pleaded the Prince.
«- My words will only vanish like foot steps in the sand, replied the Wise man. However I’ll accept to give you some indications. On your path, you will come across three gates. Read the sayings on each one of them. You will be overwhelmed with the need to follow them. Do not seek to turn away, you would be condemned to live again and again that which you had run away from. I cannot say any more. You must feel all this in your heart and flesh.
You may go now. Follow the road, right ahead of you».
The Wise Old man disappeared and the Prince started walking on the Path of the Life. He was soon across a large gate on which one could read:
«CHANGE THE WORLD».
«- This is precisely what I intended to do, thought the Prince. If some things are pleasurable in this world, others are not».
And he started its first struggle. Driven by ideal, his ardour and his strength pushed him to be confronted with the world, he undertook, conquered, modelled reality to his desire. He experiences the pleasure and the exhileration of the conqueror, but his heart was not at rest. He managed to change certain things but others would not give way. Long years went by. One day, he met the Wise Old man who asked him:
«- What did you learn on the path ?
«- I learned, replied the Prince, to see what was in my power and what was beyond it, to see what depended on me and what didn’t».
«- Well done, said the Old Man. Use your strength to act upon on what you can. Forget about what is beyond you». And he vanished.
Sometime later the Prince came across a second gate. One could read on it:
«CHANGE OTHERS»
«-This is precisely what I intend to do, thought the Prince. Others give joy and pleasure, but also cause pain, bitterness and frustration»
And he rose against all that could disturb or displease him in his fellow beings. He struggled to alter their minds and correct their faults. This was to be his second battle. Many more years went by. One day, as he was meditating on the uselessness of his attempts to change others, he came across the Wise Old man who asked him:
«-What did you learn on your path ?
«-I learned, answered the Prince, that the others are not the source of my joys or sorrows, my achievements or failures. They are only there to make me aware. I am the one to grow these feelings in me».
«-You are right, said the Wise man. Through what they awaken in you, they made you aware of yourself. Be grateful towards those who make you feel joy and pleasure. But be also grateful to these who hurt and frustrate you, for through them Life teaches you what you have yet to learn, and the long way ahead of you».
And the Old Man vanished. A little time after, the Prince come across a door where you could read the words:
«CHANGE YOURSELF».
«- If I am myself the cause of my problems, this is what I have to do, he thought».
And he started his third struggle. He tried to inflect his character, to fight his imperfections, to remove his defects, and change every thing which didn’t correspond to his ideal. After many years of struggle during which he was at times successful at times defeated, the Prince met the Wise man who asked him:
«- What did you learn on your path?
«- I learned, replied the Prince, that somes things can be improved, others resist and can’t be change».
«- Well done, said the Wise man.
«- Yes, the Prince went on, but I’m getting weary of fighting against everythings, against others and against myself. Won’t this never end ? When will I be at rest ? I wish to stop fighting, to give up, to let go».
«- This happens to be your next lesson, Wise Old man said. But before going any further, turn around and look back at the way you’ve already tread».
And he vanished.
As he looked back, the Prince saw in the distance the 3rd gate and realized that one could read a different message on the back of it:
«ACCEPT YOURSELF»
The Prince wondered why he hadn’t noticed this inscription when he had crossed the gate the first time, in the opposite direction. When one is fighting, one becomes blind, he said to himself. He also saw, spread on the ground around him, every thing he had rejected and fought within himself:
his faults, his dark side, his fears, his limits, and all his old daemons. He then learnt how to recognize them, accept them and love them. He learnt how to love himself without comparing himself, judging himself, blaming himself. He came across the Wise Old man who asked him:
«- What did you learn along the path ?
«- I learned, replied the Prince, that to hate or refuse part of myself was to condemn myself never to be at peace with myself. I learned how to accept myself, completely, unconditionally.
«- Well done, said the Old Man, it is the first stage of Wisdom. Now go through the 3rd gate again. Just as he had reached the other side of the gate, the Prince saw the back face of the second gate and it said:
«ACCEPT OTHERS».
All around him he recognized the people he had met in his life, those he had loved, those he had hated. Those he had helped, those he had fought. But to his surprise, he was now unable to see their faults which has disturbed him so much, and against which he had fought so much. !He came across the Wise Old man again.
«- What did you learn on your path?» asked this last.
«- I learned, replied the Prince, that if I were on peace with myself, I would have nothing to blame others for, nothing to fear of them. I have learned to accept others totally and unconditionally.
«- Well done, said the Wise Old man. It is the second stage of Wisdom. You can go through the second gate». When he arrived on other side, the Prince saw the back of the first gate and read:
«ACCEPT THE WORLD».
«- That is strange, he thought. Why didn’t I see this inscription the first time ?»
He looked around him and recognized the world he had tried to conquer, transform and change. He was hit by the brightness and the beauty of all things. By their perfection. And yet it was the same world as it used to be. Had the world changed, or had his perception of it changed ?»
He came across the Wise Old man who asked him:!
«-What did you learn on your path ?»
«-I learned, the Prince said, that the world is the mirror of my soul. That my soul, my heart does not see the world, but sees itself in the world. When it is cheerful, the world seems merry. When it is gloony, the world seems sad. The world is neither merry or sad. It just is; that is all. It was not the world that was troubling me, but the idea I had of it. I learned to accept it without judging it, totally, unconditionally».
«- This is the 3rd stage of Wisdom, said the Old Man. You are now in keeping with yourself, with others and with the World».
A deep feeling of peace, serenity and fullfilement overwhelmed the Prince. Silence was within him.
«- You are ready, now, to cross the last Threshold, said the Wise Old man, the Threshold from the Silence of Fulfillment to the Fulfillment of Silence».
And the Old Man disappeared».
[Written by Charles BRULHART, Geneva, on december 1995.
You can use this text free but please give the name of his authour and the adress of this site: http://www.metafora.ch


Σχολιάστε